LES FONDAMENTAUX DE LA SURVIE:

Des « petites choses » à garder à l'esprit qui vous sauvent la vie...

REGLE DES « 3 » :

Ron Hood, pionnier de la survie, est le père de la fameuse « règle des 3 ». Elle a été reprise et complétée par la suite par d'autres instructeurs, comme David Manise.
Cette version perso découle de celle enseignée par David dans ses stages et sur son site.
 
Facile à mémoriser, cette règle énonce les priorités en survie et indique l'espérance moyenne de survie face aux situations les plus fréquentes.
 
On ne survit en moyenne que :
1) 3 sec à la connerie ou à l'inattention,
2) 3 mn sans air,
3) 3 h sans régulation thermique,
4) 3 jours sans eau,
5) 3 semaines sans manger,
6) 3 mois sans contacts sociaux.
 
Ce qui implique les priorités suivantes :
 
Priorité N°
 
1) 3 sec à la connerie ou à l'inattention : garder un esprit clair, calme et pondéré. Rester conscient et attentif à son milieu et aux dangers qui peuvent s’y trouver ou s’y cacher.
 
2) 3 mn sans air : garder son souffle, dégager ses voies aériennes, garder une réserve d’air, se protéger de la fumée.
 
3) 3 h sans régulation thermique : en cas d’hypothermie, chercher la chaleur, la lumière, les surfaces chaudes. Se mettre à l’abri du vent, du froid, de l’humidité, enlever ses vêtements humides, conserver sa chaleur, se couvrir, position de la tortue (dite aussi "position de survie") et pour finir, si possible, allumer un feu pour se sécher ou se réchauffer. Reconnaître si nous sommes en hypothermie : perte de motricité fine : on ne peut plus toucher son pouce avec son auriculaire.
Pour éviter l’hypothermie : consulter la météo, porter des vêtements adaptés au milieu, aux conditions et à notre pratique (active ou statique). Eté comme hiver, penser à avoir toujours avec soi, de quoi se protéger du vent et de la pluie (type KWay, poncho, bâche, couverture de survie), de quoi se protéger les extrémités (chaussettes, bonnet, gants, écharpe/chèche…). Comme nous perdons plus vite notre chaleur avec l’humidité, choisir des vêtements « respirants », gérer son effort pour éviter de trop transpirer, gérer ses couches de vêtements (mettre et défaire, suivant ses activités et ses besoins).
 
En cas d’hyperthermie, c’est le contraire : rechercher l’ombre, le vent, les lieux chargés d’humidité, mouiller ses vêtements et sa peau, notamment la tête, le front et la nuque ou poser un linge humide sur ces zones. Laisser passer la transpiration et laisser sa peau respirer. Bien s’hydrater, s’allonger (à l’ombre et au frais si possible) et se reposer tant qu’il le faut.
Pour éviter l’hyperthermie : ne pas marcher aux heures les plus chaudes, doser son effort, marcher et faire des haltes à l’ombre, bien s’hydrater tout le long. Se couvrir la tête et le cou.
Pour éviter les coups de soleil, crème solaire et corps couvert (jambes et bras entre-autres).
 
4) 3 jours sans eau : notre corps est composé pour les ¾ de fluides. Nous avons un besoin d'eau permanent pour assurer les fonctions vitales comme la régulation thermique, l'élimination des déchets et la digestion (reins, estomac, intestins...), la respiration. C'est pourquoi, le corps ne pouvant stocker toute l'eau nécessaire, nous devons nous hydrater régulièrement.
La quantité d'eau nécessaire à un adulte, en milieu tempéré et ne fournissant pas d'effort particulier, est de 2,5 litres par jour ; c'est la quantité d'eau perdue dans la journée. Même un homme se reposant toute la journée à l'ombre perd au minimum 1 litre d'eau par jour.
On considère que la quantité minimum d'eau quotidienne pour survivre est d'1/4 de litre.
En dessous de cette quantité, les reins peuvent être atteints, les articulations et les muscles souffrent, la circulation sanguine est moins bonne, la respiration et même les capacités commandées par le cerveau sont atteintes (le cœur et le cerveau sont les organes les plus riches en eau).
Mais même à partir de 5 % de perte hydrique, notre corps commence à ressentir ces symptômes. C'est pourquoi il convient de s'hydrater régulièrement et suffisamment, et d'éliminer cette eau dans la journée. Il va sans dire que la fréquence et la quantité doivent être augmentées si nous fournissons des efforts. Buvez quand vous commencez à avoir soif (et même avant) et éliminez. Des urines abondantes et claires sont le signe d'une bonne hydratation.

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/usages/eauOrga.html
 
 
5) 3 semaines sans manger : la nourriture apporte l'énergie dont le corps a besoin. Avec celle-ci, il produit la chaleur, le « carburant » nécessaire pour bouger, penser, se « reconstruire » (cellules, tissus), résister aux agressions extérieures, aux maladies, récupérer de la fatigue...
 
Notre alimentation doit contenir :
 - des protéines et acides aminés : c'est la base de toute matière vivante.
Essentielles pour la croissance et la réparation du corps, les principales sources de protéines d'origine animale sont la viande, le poisson, les œufs, le lait ; les sources de protéines d'origine végétale sont les légumineuses, les céréales, les graines et les fruits oléagineux...
 - les hydrates de carbone (ou glucides) : présents dans la nourriture, ils sont convertis par le système digestif humain en glucose et transportés dans le sang vers les cellules pour donner de l'énergie. Les sources d'hydrates de carbone sont les sucres :
    * pâtes, riz, blé, pommes de terre, légumes et autres sont des sucres lents, contenant de l 'amidon (action dans le temps),
       * sucre, miel, fruits, chocolat, etc...sont des sucres rapides (rapidement utilisés par le corps),
 - les graisses ou lipides : les lipides sont deux fois plus énergétiques que les glucides. Ils ont également un rôle fondamental dans la composition des membranes des cellules et du tissu nerveux. Les graisses sont concentrées en-dessous de la peau et autour des organes internes ; elles servent à chauffer et à isoler le corps du froid ; elles constituent une réserve d'énergie, protégent les organes, lubrifient le système digestif. Les principales sources de lipides sont les mêmes que les protéines.
En situation de survie, les protéines et les lipides sont donc fondamentaux. C'est dans ces réserves que le corps va tout d'abord puiser l'énergie et les ressources nécessaires.
Ron Hood avait baptisé, de manière humoristique mais juste, la « petite brioche » constituée par la réserve de graisse autour de la ceinture, du nom de « muscle de la survie ».
- les vitamines et minéraux : ils sont essentiels pour la bonne santé et le bon fonctionnement du corps, entre-autres les vitamines A, C, D, K et le calcium, sodium, potassium, magnésium.
Mais dans le contexte d'une situation de survie et sur le court terme, il y a des choses plus importantes à s'occuper.
 
Les besoins énergétiques :
Les besoins caloriques journaliers diffèrent selon l’âge, le sexe et l’activité de l'individu ; à titre indicatif et en moyenne :
- un adolescent aura besoin de 2600 kcal pour un garçon, 2150 pour une fille,
- un homme adulte ayant une activité moyenne (30 mn/jour) de 2500 à 2700 kcal, une femme adulte de 2000 kcal,
- un homme adulte ayant une activité forte (plus d'1h/jour) de 3000kcal à 3500kcal, une femme adulte de 2400 à 2800kcal.

La valeur énergétique :
- 1 gramme de protéines fournit 4 calories,
- 1 gramme de glucides fournit 4 calories,
- 1 gramme de lipides fournit 9 calories.
 
Repères :
- un individu moyen à l'état de repos, a besoin pour maintenir ses fonctions métaboliques de base de 70 calories par heure.
- une simple activité journalière domestique demande une dépense énergétique moyenne de 45 calories de plus par heure.
 
A noter que l'activité intellectuelle, comme l'activité physique demande également des calories.
 
http://www.mangerbouger.fr/espace-info/infos-nutritionnelles/lexique/?lettre=a
http://www.eufic.org/
http://www.arehn.asso.fr/dossiers/proteines/index.html
 
 
6) 3 mois sans contacts sociaux : en tant qu'« animal social », l'homme souffre aussi de la solitude, que ce soit seul dans la nature ou isolé dans la jungle urbaine. Les réactions face à la solitude sont très différentes d'un individu à un autre. Les risques sont la dépression, une baisse de tonus, pouvant mener à la maladie physique ou mentale, voire dans les cas extrêmes, au suicide. Les pertes de repères peuvent altérer la qualité de jugements, la notion de réalité peut devenir floue, les capacités cognitives et de communication s'amoindrissent. Que faire quand on se retrouve isolé pour longtemps dans la nature et essayer de retarder les effets néfastes de la solitude ?

Quelques idées :
On peut tenir à jour un calendrier, instaurer une routine quotidienne qui permet de s'ancrer dans l'espace et le temps, tenir un journal de bord des événements de la journée et un journal intime qui permet de s'exprimer et de se défouler, travailler sa mémoire en se remémorant des suites, faire du calcul mental, garder le sens de la dérision et de l'humour...
 
Le moral est le moteur de la survie. Avec le moral et l'espoir, des hommes ont pu résister à des situations abominables. Il ne faut pas sous-estimer l'importance des contacts humains.

Même Ron Hood, grand gaillard aguerri et vétéran du Vietnam, aimait ajouter à son « 3 mois sans contacts sociaux », « 3 mois sans amour ».